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Zoom sur la Sulhie

ZOOM : la sulhie

Quand la sulhie prend place: une démarche d'accueil radical

Le mot Sulhie plonge ses racines dans l’antique notion de Sulh, vocable vénérable où se déposent les échos de paix reconquise, de concorde et d'accord lentement rétabli après ses propres fractures ou celles du monde.

La Sulhie, telle qu’elle se manifeste dans l’ordre vivant des êtres, n’est pas une paix immobile ou consensuelle par principe.

Elle ne recherche pas l’accord au prix du renoncement.

Elle est une conquête intime de réconciliation qui naît à l’instant même où l’homme se lève et consent à ne plus se trahir sous le prétexte d’éviter l’épreuve de l’acte.

Sans jamais pour autant déclarer la guerre à ce qu’il est.

On peut en saisir plus finement la nature en la regardant comme un ajustement volontaire tourné vers l'apaisement intérieur et l’accueil de Soi.

Ce mouvement procède d’une forme de boucle de rétroaction, largement intéroceptive.

L’homme y apprend à porter son attention sur ce qui se passe en lui : ses pensées, ses émotions, ses tensions, les mouvements subtils de ses sensations.

Il observe les resserrements, les crispations et les bouleversements que produisent ses pensées comme les circonstances du monde ;
il en suit le chemin dans le corps et dans l’esprit. Puis il apprend à accueillir, à desserrer, à rouvrir les passages et à restaurer les circulations, sans violence et sans contrainte.

La paix devient alors cette œuvre de rétroaction par laquelle se défont peu à peu les barrages intérieurs.

Elle n’ajoute rien d’étranger à l’être : elle restitue ce qui pouvait déjà circuler en lui.
Ce qui était dispersé se rassemble ;
ce qui demeurait retenu retrouve son mouvement ;
ce qui s’opposait découvre la possibilité d’un accord.

La réconciliation apparaît ainsi comme l'accueil progressif d'une circulation vivante que les obstacles avaient interrompue sans jamais tout à fait l’abolir.

En cela, le mouvement de la Sulhie rappelle l’intelligence silencieuse des innombrables boucles de rétroaction qui parcourent le corps et ses milliards de cellules.

À chaque instant, des réactions complexes s’y répondent, se corrigent et s’équilibrent, non dans la violence ou le conflit, mais par une succession d’ajustements qui permettent au vivant de poursuivre son accomplissement.

Ainsi, la Sulhie est l’ouvrage discret d'une présence à Soi et d’une fidélité à ce que nous sommes appelés à devenir.

Par elle, l’homme cesse de demeurer au seuil de lui-même. Il traverse ses récits, ses évitements et ses tensions ; il desserre les obstacles que son histoire ou son esprit dressent sur son chemin, jusqu’à retrouver cette force d'action douce et inextinguible qui œuvre déjà au cœur du vivant.

La Sulhie transforme alors le dépôt invisible révélé par l’Amana en une réalité incarnée : elle fait passer la reconnaissance dans l’expérience, la fidélité dans le comportement, et oriente les choix, les actes et les gestes vers leur juste accomplissement.

Mise en pratique

  • Pensée (que dis-tu intérieurement ?)
  • Émotion (que ressens-tu ?)
  • Comportement (que fais-tu ou évites-tu de faire ?)

 

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