Présentation moderne
Pour être plus explicite auprès de ceux qui recherchent une présentation plus moderne, on pourrait illustrer la finalité des leviers de l’Amana de la manière suivante :
nos comportements et nos identités procèdent des conclusions que nos processus cognitifs tirent de nos représentations mentales, lesquelles mêlent images émotionnelles, souvenirs et constructions chargées de sens.
Ainsi, par exemple, lorsqu’un individu porte de lui-même la représentation d’un être socialement craintif, il peut, en croisant un groupe pourtant familier, éviter spontanément la rencontre et l’expérience qu’il désire pourtant vivre.
Non par absence d’élan, mais parce que ses processus intérieurs interprètent cette situation comme une menace possible d’humiliation et cherchent aussitôt à le protéger.
L’enjeu n’est donc pas de lutter contre soi-même, mais de parvenir à s’envisager dans un vécu différent grâce à des conclusions différentes.
Pour cela, il devient nécessaire que nos évaluations ne procèdent plus uniquement de représentations biaisées ou blessées, mais de figures symboliques plus stables et structurantes :
celles du dépôt sacré, des élans vitaux, de la figure du gardien, de son rôle dans le maintien des passages libres entre les besoins et les dimensions de l’existence.
Alors, peu à peu, les comportements cessent d’être dictés par la peur ou l’évitement. Les processus cognitifs s’orientent à partir de repères intérieurs plus équilibrants.
Telle est la force de l’Amana : elle rend à l’homme sa dignité, sa responsabilité, sa fidélité et sa confiance ;
elle lui permet de se représenter à partir de ce qui l’élève, plutôt qu’à partir de ces biais qui, croyant le protéger, finissent par appauvrir son existence et l’enfermer dans des limites invisibles.
Mais le travail n'est pas complet.
Car sans l'agir, la compréhension est vaine et sans la paix, l'agir est contraint par le défaut fatal.
C'est ici que la Sulhie prend toute place.
C’est ce que nous allons découvrir dans le chapitre suivant.